la Turquie ne veut pas de mufti ´politique´ en Serbie

Blic/courrierdesbalkans

La Turquie ne veut pas de mufti « politique » en Serbie

Traduit par Jacqueline Dérens
Publié dans la presse : 14 août 2011
Mise en ligne : vendredi 14 octobre 2011
Après avoir proposé sa médiation dans le Sandžak au printemps, la Turquie intervient pour résoudre le conflit qui opposent les deux Communautés islamiques rivales de Serbie. Les représentants politiques et religieux turcs ont rappelé qu’ils refusaient que les muftis fassent de la politique, allusion au controversé mufti Zukorlić considéré comme responsable de la querelle.

Ivana Mastilović Jasnić

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Le controversé mufti Zukorlić

Les représentants de la communauté islamique de Turquie comme les dirigeants politiques ont accepté les grands principes de l’Accord de réconciliation entre les deux communautés islamiques de Serbie, celle de Belgrade et de Novi Pazar (Voir notre article : Serbie : du rififi chez les muftis) ; les autorités serbes ont fait de même, selon le quotidien Blic.


Écoutez notre reportage sur Balkanophonie :
Novi Pazar : le centre de l’islam en Serbie ?


Les grands principes de l’accord reposent sur la formation d’une seule et unique communauté islamique en Serbie et l’interdiction aux chefs religieux de faire de la politique.

Cette proposition sera « à prendre ou à laisser » par les deux parties puisque la communauté islamique de Turquie conditionne toute aide future à cet accord.

Le mufti Muamer Zukorlić est considéré comme le principal responsable de la querelle entre les deux communautés islamiques, c’est pourquoi la Turquie a refusé sa venue à la rencontre à Ankara qui réunissait 16 muftis.

« La Turquie a fait valoir que son partenaire stratégique est la Serbie et qu’elle n’avait pas l’intention de ruiner les bonnes relations entre les deux pays à cause de certains individus », indique la source de Blic qui, présente à la rencontre, a noté que les muftis avaient eu l’air choqués quand on leur a présenté les principes de l’accord.

« On a expliqué aux muftis présents qu’une organisation unifiée sera formée et que les dirigeants actuels Zilkić et Zukorlić et leurs collaborateurs les plus proches ne seront pas autorisés à présenter leur candidature. Les futurs dirigeants religieux ne seront pas autorisés à faire de la politique ni à faire de la propagande à des fins politiques et les rassemblements politiques ne seront pas autorisés dans les mosquées ».

Immédiatement après la signature de l’accord à Ankara, une commission de six membres sera formée en vue des élections et de la mise en place du plan. La commission sera formée d’intellectuels, de personnalités expertes de l’Islam et des religions, indépendantes de toute influence.