"Russie: Propriétaire heureuse d’une portion de la mer d’Okhotsk", Céline Bayou

Russie: Propriétaire heureuse d’une portion de la mer d’Okhotsk
Par Céline Bayou (Sources: russian.rt.com, rusmininfo.com, RIA Novosti)

Le 15 mars 2014, la Commission des limites du plateau continental de l’ONU a reconnu une portion de la mer d’Okhtosk propriété de la Russie. Le territoire concerné s’étend sur 52.000 km² et est donc désormais considéré comme un prolongement du plateau continental russe. Le ministre russe des Ressources naturelles et de l’Environnement, Sergueï Donskoï, s’est immédiatement félicité de la réponse positive donnée à cette requête formulée par la Russie. Il y a de quoi en effet puisque, outre les ressources recélées en mer d’Okhotsk, cette décision sonne comme le premier pas vers une autre reconnaissance attendue: celle visant le plateau continental en Arctique.

En effet, une première requête avait été déposée par la Russie en 2001 en vue de faire reconnaître son droit exclusif sur l’ensemble du plateau continental, dont celui situé en Arctique et celui en mer d’Okhotsk. Pour ce faire, la Russie s’était basée sur la Convention de l’ONU sur le droit de la mer, qui permet d’élargir la zone économique d’un État de 200 miles marins à condition que le territoire concerné soit le prolongement naturel du plateau continental. Cette requête double a été rejetée par l’ONU, faute d’accord de la part des pays voisins en Arctique. Moscou a alors décidé de soumettre deux requêtes séparées, l’une sur l’Arctique et l’autre sur la mer d’Okhotsk. Dans un premier temps, une sous-commission de l’ONU a reconnu, en novembre 2013, que la portion de la mer d’Okhotsk visée était bien le prolongement naturel du plateau continental russe.

Quelle que soit l’issue de la demande russe concernant l’Arctique (le ministère semble penser que l’accord confirmé concernant Okhotsk pourrait préjuger d’une décision comparable à venir concernant l’Arctique), la décision qui vient d’être prise à propos de la portion en mer d’Okhotsk est une aubaine pour la Russie. Au grand dam du Japon voisin, elle donne à la Russie des droits exclusifs sur cette zone qui, d’après le ministère des Ressources naturelles, recèle d’énorme richesses. Le ministre n’hésite pas à évoquer, à propos de cette future mer intérieure russe, une véritable «caverne d’Ali Baba». Désormais, dans ce périmètre jusqu’alors relevant des eaux internationales et où chaque pays pouvait pénétrer pour y mener des activités de pêche ou autres dans le cadre de la Convention onusienne sur le droit de la mer, seule la Russie pourra exploiter les richesses halieutiques, les fonds marins et le sous-sol. Or les ressources naturelles contenues dans cette zone seraient considérables. Selon les estimations annoncées en 2011 par Rosneft, 1,1 milliard de tonne de pétrole et 3.000 milliards de m3 de gaz seraient répartis sur cinq sites de la zone concernée.

Dépêche publiée le 16/03/2014, regard-est