una educación para el (nuevo) asesinato en masa de 'los vecinos'

B92/courrierdesbalkans

Serbie: les gendarmes doivent prêter serment sur le Kosovo

Traduit par Jovana Papović
Publié dans la presse : 28 juin 2012
Mise en ligne : dimanche 1er juillet 2012
Le nouveau serment de la Gendarmerie, une unité spéciale de la police serbe, a été présenté officiellement. Et le texte risque fort de faire débat. On y parle du combat pour le Kosovo sans lequel la Serbie n’existerait pas...

Son auteur est le chef de la gendarmerie : Bratislav Dikić. Quand on demande aux représentants officiels pourquoi presque tout le nouveau serment officiel est basé sur la défense du Kosovo, on nous répond qu’il s’agit d’une métaphore dans l’esprit de Vidovdan. Quand on leur demande ce que veut dire « nous vaincrons ou mourrons pour la Serbie qui sans le Kosovo n’existe pas », on nous répond que la gendarmerie fête Vidovdan depuis des années et que c’est normal que le Kosovo prenne une place si importante dans leur serment. « Il s’agit d’une pure métaphore. Nous souhaitions, dans l’esprit de Vidovdan, replonger dans l’histoire, nous souvenir des anciens héros du Kosovo et de ce jour là comme étant le jour des héros du Kosovo, c’est la raison pour laquelle nous disons vaincre ou mourir. Ce nouveau serment n’a rien à voir avec le changement de gouvernement. Le Kosovo a toujours été très important pour notre unité, depuis sa formation à nos jours », affirme Stanica Puzović, RP de la gendarmerie.

Pour Filip Švarm, auteur du film documentaire Jedinica (L’unité spéciale), qui traite de l’ascension et de la chute de du groupe d’intervention de la gendarmerie pour les opérations spéciales (les bérets rouges), décrit ce serment comme étant « une tentative maladroite pour recréer l’unité et la solidarité ». « Je pense qu’il s’agit du besoin d’exprimer notre patriotisme, surtout dans le contexte politique actuel en Serbie. Nous sommes patriotes, nous ne reconnaîtrons jamais l’indépendance du Kosovo, nous resterons sur le préambule constitutionnel mais nous insisterons sur la signification mythique et poétique du Kosovo », explique-t-il.

Pour Milan Antonijević, juriste et combattant pour les droits de l’homme, il s’agit au contraire d’une mauvaise surprise et ce pour deux raisons : tout d’abord à cause de l’accent mis sur la quête des origines du peuple serbe et sur la seule défense de celui-ci, mais surtout à cause de la place prépondérante donnée au Kosovo. « Ce qui est inquiétant c’est de voir que ces unités seront déployée dans des contextes internationaux, que c’est eux qui serons en contact avec d’autres peuples. Mais elle doit aussi et surtout assurer l’ordre dans la Serbie d’aujourd’hui et cette Serbie ne s’arrête pas aux frontières du Kosovo. La constitution défini le pays, il y est écrit qu’il y vit beaucoup de nations différentes, ce n’est donc pas possible de ne s’appuyer que sur ce préambule pour constituer le serment de gens censés défendre tout le pays dans sa diversité », affirme-t-il.

Selon la systématisation établie il y a quelques mois, plus de 3.000 hommes très lourdement armés sont sous les ordres de presque un seul homme. Selon cette même systématisation, quelques 600 autres dépendent de l’unité spéciale, qui de par sa structure ressemble plus à une armée qu’à la police.

Le Serment de la gendarmerie Serbe

Le Kosovo est ma mère
Mes origines sont au Kosovo
Mes aïeux sont au Kosovo
Mon histoire est au Kosovo
Mon peuple Serbe est né au Kosovo
Ma Serbie est née au Kosovo

Sans le Kosovo je n’ai pas de mère
Sans le Kosovo je n’ai pas d’origines
Sans le Kosovo je n’ai pas d’aïeux
Sans le Kosovo je n’ai pas d’histoire
Sans le Kosovo mon peuple Serbe n’existe pas
Sans le Kosovo ma Serbie n’existe pas

Peuple Serbe, frères et sœurs
Je porte serment devant Dieu
Je vaincrai ou je mourrai avec honneur
Pour ma fierté, pour mes origines,
Pour ma famille, pour ma Serbie.

Avec la foi en Dieu, pour la croix glorieuse et ma mère la Serbie. Vive la Serbie !