Moldavie : la Transnistrie demande de nouveau son rattachement à la Russie

Traduit par Julia Beurq
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Mise en ligne : jeudi 17 avril 2014
Pour la deuxième fois en moins d’un mois, le Soviet suprême de Tiraspol a demandé mercredi à Moscou de reconnaître la Transnistrie et de l’annexer à la Fédération de Russie. Cet appel survient sur fond de tension dans l’est de l’Ukraine alors que les dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de l’Union Européenne et des États-Unis se réunissent ce jeudi à Genève.

Mercredi, le Parlement de Tiraspol a décidé de transmettre une nouvelle lettre à la Douma et au Président Vladimir Poutine, leur demandant de reconnaître la Transnistrie en tant qu’État indépendant et souverain, en vue de son rattachement ultérieur à la Russie. Une délégation du Soviet suprême de Tiraspol doit se rendre jeudi à Moscou pour remettre cette lettre en main propre à Serghei Narichkine, le président de la Douma.


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Selon l’analyste moldave Dan Dungaciu, également directeur de l’Institut de sciences politiques de l’Académie roumaine, cette nouvelle initiative de Tiraspol serait téléguidée par Moscou pour renforcer la pression sur ses interlocuteurs occidentaux.

Le vice-Premier ministre moldave Eugen Carpov a dénoncé une campagne de « propagande » dont le but serait de créer des « tensions artificielles » dans la région séparatiste. Selon lui, certains groupes de Moscou et de Tiraspol désireraient que la Transnistrie suive le même scénario que la Crimée.

« Le pseudo-référendum organisé à Tiraspol en septembre 2006 n’a jamais été reconnu par la communauté internationale et ne peut pas être considéré comme un exercice d’expression de la volonté populaire de la région. La démarche du soit-disant Soviet suprême représente une action unilatérale et contre-productive », soutiennent les autorités moldaves. Le gouvernement de Chișinău a qualifié la demande de la Transnistrie de « menace à l’encontre du processus de résolution du conflit transnistrien et d’atteinte à l’intégrité territoriale de la République de Moldavie ».

Chișinău considère que « Tiraspol ignore le fait que la région de Transnistrie est reconnue comme étant une partie intégrante de la République de Moldavie, par tous les acteurs internationaux participant au processus de négociation 5+2 ». Pour le gouvernement moldave, « le seul dénouement possible est d’identifier une solution viable pour le conflit transnistrien et de continuer le dialogue politique. Le gouvernement reste ouvert à ce type de dialogue ».

Les autorités moldaves ont exhorté les partenaires internationaux à faire des efforts dans le but de faire avancer le processus de règlement du conflit par l’élaboration d’un statut spécial pour cette région, mais basé sur les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale de la République de Moldavie.

Les esprits s’échauffent en Moldavie

Ce n’est pas la première fois que Tiraspol fait ce type de démarche. À la suite de l’annexion de la Crimée, le 18 mars, Mihail Burla, le président du Soviet suprême, avait envoyé une lettre à la Douma, demandant à Moscou d’examiner la possibilité de rattacher la Transnistrie à la Russie. Cette même demande avait été réitérée le 7 avril lors d’un discours du président de Tiraspol, Evgheni Chevtchiouk.

Dans le même temps, les habitants du village de Doroțcaia, dans le rayon de Dubăsari, se trouvant sous la juridiction de Chișinău ont demandé l’organisation d’un référendum pour passer sous celle de Tiraspol. Les habitants seraient mécontents de la faiblesse de leurs salaires et de leurs retraites qui seraient moindre que ceux de Transnistrie. De plus, on ne leur laisserait pas le droit de cultiver leurs terrains agricoles qui sont situés de l’autre côté de « la ligne frontalière », en Transnistrie.

Par ailleurs, au début du mois de février, en Gagaouzie, au sud de la Moldavie, un référendum a été organisé par les autorités locales, mais il est considéré comme illégal par Chișinău. La majorité des citoyens de Gagaouzie se sont prononcés pour l’indépendance de la région face à la République de Moldavie, et soutienne l’adhésion de la Moldavie à l’Union douanière de la Russie, du Kazakstan et de la Biélorussie.